Une semaine sans mission.
Tu te dis que ça va, ce n'est «que» une semaine.
Le calcul réel dit autre chose.
Le coût d'un creux de mission ne se limite pas au TJM non facturé — il inclut des charges qui continuent de courir même sans revenu, et un coût d'opportunité rarement compté.
D'après les creux de mission observés chez les freelances accompagnés par DevAtScale, le manque à gagner direct se situe généralement entre 300€ et 500€ par jour, pour une durée moyenne de 3 semaines — soit un coût direct de 4 500€ à 7 500€ par épisode, avant même de compter les charges fixes qui continuent de courir pendant cette période.
Ce que le calcul «naïf» oublie
Le réflexe courant : multiplier le TJM par le nombre de jours sans mission. C'est un calcul incomplet — il ignore que les charges fixes (cotisations minimales, assurance RC pro, comptable, mutuelle) continuent de courir indépendamment de ton activité. Elles ne se mettent pas en pause parce que tu n'as pas de mission.
Le calcul complet, poste par poste
Le manque à gagner direct.
TJM cible × nombre de jours ouvrés sans mission — la base la plus évidente. Sur les creux de mission observés en coaching, ce manque à gagner se situe le plus souvent entre 300€ et 500€ par jour.
Les charges fixes qui continuent.
Même sans facturation, certaines charges restent dues (cotisations minimales selon le statut, assurance, abonnements professionnels). Elles ne disparaissent pas pendant le creux de mission.
Le temps de prospection non facturé.
Chercher une mission prend du temps — un temps qui n'est pas rémunéré et qui s'ajoute au calcul, même s'il n'apparaît pas comme une «dépense» classique.
Le coût d'opportunité sur la mission suivante.
Un creux de mission prolongé pousse parfois à accepter une mission moins bien payée ou moins intéressante par urgence — un coût indirect, mais réel.
Ce que ça donne selon la durée du creux de mission
Le manque à gagner direct grimpe vite avec la durée. Voici la fourchette observée, TJM entre 300€ et 500€ par jour, sur une base de 5 jours ouvrés par semaine :
| Durée du creux de mission | Jours ouvrés | Manque à gagner direct (bas) | Manque à gagner direct (haut) |
|---|---|---|---|
| 1 semaine | 5 j | 1 500 € | 2 500 € |
| 2 semaines | 10 j | 3 000 € | 5 000 € |
| 3 semaines (moyenne observée) | 15 j | 4 500 € | 7 500 € |
| 1 mois | ~21 j | 6 300 € | 10 500 € |
| 2 mois | ~42 j | 12 600 € | 21 000 € |
Ce tableau ne compte que le manque à gagner direct — les charges fixes qui continuent de courir s'ajoutent par-dessus, et elles varient selon le statut juridique choisi.
Les charges fixes qui continuent, selon le statut
Un point souvent sous-estimé au moment de choisir son statut : certains régimes exposent davantage pendant un creux de mission que d'autres, parce que leurs charges ne dépendent pas du chiffre d'affaires réellement encaissé.
Auto-entrepreneur (AE).
Les cotisations sociales sont calculées uniquement sur le chiffre d'affaires encaissé — sans facturation, pas de cotisation. C'est le statut qui expose le moins pendant un creux de mission, mais la contrepartie est une protection sociale plus limitée et un plafond de CA.
EURL à l'IS ou SASU.
Une EURL ou une SASU peut avoir des charges fixes minimales (comptabilité obligatoire, parfois cotisations minimales selon les choix de rémunération) qui continuent de courir même sans mission. Le comptable, en particulier, se facture indépendamment du chiffre d'affaires du mois.
Portage salarial.
Les frais de gestion de la société de portage s'appliquent en général sur le chiffre d'affaires facturé — proches du fonctionnement de l'AE sur ce point précis, mais avec des frais de gestion en plus dès qu'il y a facturation.
Ce paramètre fait partie des critères à comparer avant de choisir son statut — pas seulement le taux de charge en période d'activité, mais aussi l'exposition en période de creux de mission. Le simulateur de TJM freelance IT permet de comparer les statuts sur ce point.
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Le coût cumulé sur une année
Un seul creux de mission de 3 semaines reste absorbable pour la plupart des freelances. Le vrai risque est cumulatif : à raison de 2 à 3 creux de mission de 3 semaines par an — un rythme courant sur une activité de plusieurs années — le manque à gagner direct cumulé se situe entre 9 000 € et 22 500 € par an, avant charges fixes. Rapporté à un TJM de 400€/jour facturé environ 210 jours par an (soit 84 000€ de CA annuel), ça représente entre 11% et 27% du chiffre d'affaires potentiel de l'année qui s'évapore dans les creux de mission.
Pourquoi ce calcul change la façon de préparer un entretien
Un entretien raté ne coûte pas 0€ — il coûte le délai jusqu'au prochain entretien réussi, avec toutes les charges listées ci-dessus qui continuent pendant ce délai. Sur une durée moyenne de 3 semaines, ça représente une fourchette de 4 500€ à 7 500€ de manque à gagner direct — un chiffre qui remet en perspective l'investissement d'une vraie préparation d'entretien face au coût réel d'un refus évitable.
Comment réduire ce risque en amont
Le levier le plus direct reste de raccourcir le délai entre deux missions — par un dossier de compétences prêt en permanence, une préparation d'entretien qui ne se fait pas dans l'urgence, et une prospection qui démarre avant la fin de la mission en cours plutôt qu'après.
Se constituer un matelas de trésorerie dimensionné sur ce calcul, pas au hasard.
Plutôt qu'un chiffre arbitraire («3 mois de charges»), le matelas peut se calculer directement à partir du tableau ci-dessus : viser une trésorerie couvrant au minimum un creux de mission de 2 mois selon ton TJM (entre 12 600€ et 21 000€ de manque à gagner potentiel, plus tes charges fixes sur la même période) donne une marge réaliste plutôt qu'une estimation approximative.
FAQ
Quelle durée de creux de mission est considérée comme normale ?
Sur les creux de mission observés en coaching, la durée moyenne tourne autour de 3 semaines — mais ce chiffre varie selon le profil, le secteur et la conjoncture. Ce qui compte davantage, c'est de raccourcir ce délai en étant prêt avant qu'il ne commence. Détail : Combien de temps entre deux missions freelance IT ?
Faut-il accepter une mission moins intéressante pour éviter le creux de mission ?
Ça dépend de ta trésorerie et de ton horizon — mais c'est une décision à prendre consciemment, pas par défaut sous la pression du calendrier.
Un auto-entrepreneur risque-t-il moins qu'une EURL ou une SASU pendant un creux de mission ?
Sur le plan des charges fixes, oui : sans chiffre d'affaires encaissé, l'AE n'a quasiment pas de cotisations dues, contrairement à une société qui porte des frais fixes (comptabilité notamment) indépendants de l'activité du mois. Ce paramètre mérite d'entrer dans le choix du statut, pas seulement le niveau de charge en période d'activité.
Comment dimensionner son matelas de trésorerie avant de se lancer ?
En partant du scénario du haut du tableau ci-dessus (2 mois de creux de mission) plutôt que d'un chiffre arbitraire — ça donne une fourchette réaliste plutôt qu'une estimation au doigt mouillé, à ajuster selon ton statut et tes charges fixes réelles.
Une précision : ce contenu s'adresse aux freelances IT (dev, data, product, delivery). Si tu es dans un autre métier, la logique reste transposable mais les charges précises ne s'appliqueront pas de la même façon.
Si tu as un entretien client prévu dans les prochains jours, c'est le moment où cette préparation change vraiment l'issue.
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Pour calculer ton TJM cible : Simulateur de TJM freelance IT. Pour retravailler ce moment précis de l'entretien : Coach entretien d'embauche pour profils tech et freelances IT. Teste où tu en es avant de réserver : Diagnostic : es-tu prêt pour ton prochain entretien freelance IT ? (10 questions).

Rudolph B., fondateur de DevAtScale — 15 ans business manager en ESN, plus de 300 consultants placés, 100+ entreprises accompagnées. Profil LinkedIn.